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Affaire Blast/Tibo InShape : Le procès de la liberté d’expression

C’est une affaire qui fait grand bruit depuis quelques jours. Le média de gauche Blast a publié dimanche dernier une vidéo où deux chroniqueurs, dont la fameuse figure socialiste Usul, critiquent fortement le YouTubeur Tibo InShape.

Les attaques sont virulentes et sans concessions, ce qui n’a pas manqué de provoquer rapidement une levée de boucliers de la part des fans du sportif le plus connu de France sur les réseaux sociaux. Jusqu’au moment où ces critiques arrivent enfin aux oreilles du concerné qui a annoncé hier sur X (ex twitter) porter plainte contre le média.

La philosophie libertarienne est pourtant claire. Le droit à la liberté d’expression prime toujours. Mais a-t-on le droit de tout dire pour autant ? Non. Et c’est justement pour préserver l’essence de ce droit fondamental que cette plainte pose problème.

Des critiques appuyées

La vidéo de 22min, publiée dimanche 4 février ne fait aucun cadeau au 2ème YouTubeur de France.

En commençant d’abord par railler sa mentalité de “self made man” qui est un “enfant prodige des années 80 Thatcher et Reagan” et issu d’école de commerce. On ne sera pas surpris ici de la critique anticapitaliste typique de la gauche, de la critique de la réussite matérielle et financière, du travail ou du dépassement de soi. Ni même de l’expression d’une pointe de mépris envers ceux qui pratiquent la musculation.

La vidéo commence doucement pour s’intensifier au fur et à mesure des critiques. On reproche ensuite à la star aux 14,6 millions d’abonnés sur YouTube de faire beaucoup d’opérations de promotion commerciale pour le gouvernement : armée, police, pénitencier. Il ferait même la promotion du SNU. Ici les libertariens peuvent en partie rejoindre l’avis des journalistes. Si certains considéreront qu’utiliser les moyens de communication modernes que sont les influenceurs est une bonne stratégie pour le régalien, d’autres y verront l’exemple typique du capitalisme de connivence qui n’hésite pas à fricoter avec le monopole “légal” de la violence “légitime” pour bénéficier de multiples avantages.

Puis le portrait bascule dans l’attaque directe. “Pour le gouvernement c’est un atout de taille”, suivi de c’est un “acteur parfait pour la propagande gouvernementale”, peut-on entendre. Ou encore “on a deux jeunes réacs macrono-lepenistes”, en réagissant à la vidéo promotionnelle du SNU réalisée en 2019 alors que Gabriel Attal était secrétaire d’Etat à la jeunesse, chargé du développement de cette colonie de vacances subventionnée, parodie de service militaire.

Finalement les noms d’oiseau sortent : “Tibo est un facho”. Il a un “démon raciste qui sommeille en lui”, disent les belligérants à propos d’anciens posts Facebook effectivement racistes publiés par ce dernier dans sa jeunesse. Ils concluent finalement leur procès médiatique en désignant l’influenceur, de plus en plus politique ces dernières années, comme étant un “facho sympa un peu idiot” qui jouerait de cette image et qu’il “faudrait prendre très au sérieux”. Son danger de fascisation des esprits étant, pensent-ils, bien réel, eux qui le décrivent comme “l’un des influenceurs le plus puissant du pays”.

Les critiques sont donc frontales et âpres. Mais est-ce pour autant légalement répréhensible ?

L’exercice de la liberté d’expression

Par leur portrait au vitriol, les chroniqueurs et le média Blast n’ont fait qu’user de leur droit fondamental à la liberté d’expression.

« Il y a une arme plus terrible que la calomnie, c’est la vérité. » disait Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, ancien Ministre des Affaires étrangères de la France au lendemain de la révolution française en 1814, et libéral convaincu.

La question de savoir quelle est la vérité et si Tibo InShape est un facho n’appartient donc qu’à ceux qui s’y intéressent. Si le Youtubeur patriote, qui aime exhiber le drapeau français à chaque occasion, veut laver sa réputation pouvant être salie par cette nouvelle calomnie, qu’il continue à faire ses traditionnelles vidéos d’excuses ou de précisions, où il défend ses positions. C’est ce qu’il a toujours fait face aux attaques qu’il reçoit depuis des années, alors pourquoi serait-ce différent cette fois-ci ? C’est ce que nous allons voir.

Même dans le contexte où les opinions visent des personnes en particulier, le fait d’exposer des opinions ou idées ne constitue pas une agression, tant que cela ne cause pas des dommages certains et factuels, ceci quels que soient les divergences d’idées des parties, précise le site wikibéral.

En effet selon le droit naturel, diffamer quelqu’un ne constitue pas une agression qui romp le principe de non-agression au droit de propriété, à la liberté, ou sécurité d’autrui. Traiter Tibo InShape de facho est dans le plein droit à la liberté d’expression de chacun. Toujours en s’appuyant sur wikibéral, la réputation d’un homme n’est pas sa propriété : elle n’a d’existence que dans l’esprit des individus, et il n’appartient qu’à eux de choisir les procédés par lesquels ils forment leurs opinions (…) La diffamation ne doit donc pas être poursuivie bien qu’on puisse ne pas l’approuver moralement dans certains cas. Soutenir le concept de diffamation suppose que les gens sont de parfaits irresponsables et vont croire tout ce qu’on leur dit. Et la France a malheureusement la fâcheuse habitude de traiter les citoyens comme des enfants. Que ce soit en prenant en charge toute leur existence du berceau au cercueil avec l’Etat providence, ou en réglementant chaque millimètre de leurs actions.

Et c’est justement parce que Blast n’attaque pas seulement Tibo Inshape, mais aussi l’Etat français que les événements prennent une tout autre tournure.

Le gouvernement exposé

Les journalistes du média socialiste ont délibérément choisi de pointer du doigt la collusion évidente entre l’Etat et le YouTubeur. Avec une quarantaine de vidéos sponsorisées pour promouvoir l’armée ou la police, Tibo InShape semble être devenu un rabatteur de talent pour la force étatique française.

La critique ne concerne donc plus seulement un influenceur qui verse un peu trop à droite selon eux par clientélisme ou conviction, mais aussi la stratégie du gouvernement d’Emmanuel Macron d’utiliser des figures d’internet pour recruter des jeunes qui serviront de garde républicaine.

On peut aussi soupçonner que la macronie espère désespérément changer son image à quelques mois d’Européennes fatidiques qui pourraient seller le sort de la présidentielle de 2027. Avec un Rassemblement National en tête dans tous les sondages pour les deux élections à venir, le gouvernement cherche depuis quelque temps à droitiser son discours et sa perception auprès des français, dans l’espoir de rafler quelques voix aux “fachos” et de conserver ainsi le pouvoir dans 3 ans. Ce qui au regard du bilan économique, social et sécuritaire du génie de la finance, n’est que peu probable.

Collaborer avec Tibo InShape afin de bénéficier de son image patriote est donc une opportunité gagnante pour le gouvernement. Et ce n’est pas les millions de vues sur ses vidéos sponsorisées avec nos impôts qui prouveront le contraire.

Quand à Tibo InShape, outre le gain financier, le business-man a peut être aussi une fringale d’homme politique à satisfaire. Ayant exprimé plusieurs fois son intérêt pour des responsabilités politiques, comme celle par exemple de ministre des sports.

En politique, tout est possible, et les renvois d’ascenseurs font partie du jeu.

Un procès politique ?

Quel vainqueur émergera de ce cette procédure pénale ? À en croire le droit positif, Tibo InShape pourrait gagner le droit à des réparations pour diffamation. Ce à quoi s’est sans doute préparé Blast qui estime pourtant être en position de force.

Le gouvernement, dont l’image a été entachée par les accusations portées, pourrait être tenté de prendre position dans le dossier, ce qui ne serait pas sans conséquences. Les doutes des français sur l’indépendance et l’impartialité de la justice française étant nombreux.

Cette histoire ne ferait que renforcer leurs suspicions. Les procès politiques ont largement défrayé la chronique ces dernières décennies avec des jugements souvent défavorables à ceux qui ont osé attaquer les intérêts de l’Etat. Ainsi même si la plainte a été déposée par Tibo InShape, on ne pourra jamais empêcher tout un chacun d’imaginer que l’Etat puisse ne pas être complètement étranger à cette procédure ou à l’issue du verdict.

Usul lui même se disant surpris de l’importance prise par toute cette histoire, alors qu’il critique impunément et sans relâche le gratin français depuis des années.

Pour finir, je citerai encore une fois wikibéral sur la nécessité du droit à la liberté d’expression contre les censeurs et Etats despotiques, et qui résonne particulièrement fort dans cette affaire :

Du point de vue du droit naturel, la liberté d’expression est bien absolue, et le « délit » de diffamation n’existe pas. Soutenir le concept de diffamation revient pour les libertariens à cautionner un extraordinaire recul du droit d’expression, le délit de diffamation étant couramment utilisé par les gouvernements pour faire taire leurs opposants.

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