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L’ère des banques libres aux États-Unis : une leçon pour les débats économiques d’aujourd’hui

L’un des plus grands effets à long terme de la campagne victorieuse de Javier Milei, qui l’a porté à la présidence argentine, est probablement d’avoir ramené la question de l’utilité des banques centrales au centre du débat international. En effet, la pièce maîtresse de la campagne du nouveau président argentin était la question de la “dollarisation”, qu’il a promis au peuple argentin d’achever avant la fin de son mandat afin d’exterminer une fois pour toutes l’inflation chronique qui sévit dans le pays et de quitter aux politiciens corrompus la machinette à imprimer de l’argent afin de continuer à dépenser plus que ce que l’on gagne, hypothéquant ainsi l’avenir de la nation.

Ce thème, qui revient à la mode aujourd’hui, remonte en vérité à quelques siècles, près de 200 ans exactement. Oui, car dans la première moitié du XIXe siècle, précisément dans les années 1830, on assiste à l’avènement du « Javier Milei américain », notamment le 7e président des États-Unis d’Amérique, Andrew Jackson. C’est grâce à son action que « l’ère de la banque libre » commence aux États-Unis, et qui a marqué un chapitre important de l’histoire économique du pays. Au cours de cette période, l’idée d’éliminer la banque centrale a pris de l’ampleur, conduisant finalement à une période où les banques à charte d’État émettaient leur propre monnaie. La vision de Jackson était ancrée dans le désir de donner plus de pouvoir au citoyen moyen et de limiter l’influence des élites financières.

Cet article explore ainsi les origines de l’opposition de Jackson à la banque centrale, le succès des États-Unis avec un système de banque décentralisé pendant près de 80 ans, et sa pertinence dans les discussions économiques mondiales d’aujourd’hui, y compris la proposition du président Javier Milei d’éliminer la banque centrale d’Argentine en permettant la « libre compétences des monnaies » dans le pays ainsi que l’intérêt du candidat aux élections américaines, Donald Trump, pour un retour à l’étalon-or comme exprimé dans le « Project 2025 » du parti républicain. 

Les origines de l’opposition de Jackson aux banques centrales

La méfiance d’Andrew Jackson à l’égard des banques centrales trouve son origine dans ses expériences personnelles et ses convictions politiques. Issu d’un milieu modeste, Jackson considérait la banque centrale, en particulier la deuxième banque des États-Unis, comme une institution dominée par des élites fortunées. Il pensait que les politiques de la banque centrale favorisaient les riches au détriment de l’homme de la rue.

La deuxième banque des États-Unis, fondée après la faillite de la première banque établie afin de financer la guerre d’indépendance américaine, avait en effet obtenu une charte en 1816, mais Jackson était déterminé à la voir démantelée. Il estimait qu’elle exerçait un pouvoir trop important sur l’économie du pays, contrôlant la masse monétaire et influençant ainsi la vie quotidienne de chaque épargnant américain. Jackson estimait qu’une banque centrale était inconstitutionnelle et représentait une menace pour les libertés individuelles.

L’ère des banques libres aux États-Unis

C’est ainsi qu’Andrew Jackson entre en politique et bâtit toute sa campagne, comme Javier Milei, sur la fermeture de la banque centrale. Malgré les moqueries et les railleries de l’opposition financière et aristocratique, allés jusqu’à le surnommer “Mock Ears” (oreilles fictives) pour tenter de déprécier son image. Jackson est resté fidèle à sa mission d’éliminer la banque centrale, étant son engagement pour la cause inébranlable. Arrivé au pouvoir après une large victoire aux élections, en 1832, le président Jackson opposa son veto au renouvellement de la charte de la deuxième banque des États-Unis, mettant ainsi fin à son existence. Cette décision a marqué le début de l’ère des banques libres aux États-Unis, qui a duré jusqu’à la création de la Federal Reserve en 1913. Durant cette période, les banques à charte d’État étaient libres d’émettre leur propre monnaie, ce qui a entraîné une prolifération des billets de banque.

Bien que l’ère du Free Banking n’ait pas été exempte de difficultés, elle a démontré que les États-Unis ont pu prospérer sans banque centrale. Les banques à charte d’État ont joué un rôle essentiel en fournissant des services financiers, en émettant de la monnaie et en stimulant la croissance économique. L’absence de banque centrale n’a pas entraîné d’effondrement économique, mais a au contraire permis une plus grande décentralisation et une plus grande concurrence dans le secteur bancaire.

La résurgence économique et la domination mondiale des États-Unis

Contrairement aux craintes des partisans de la banque centrale, les États-Unis ont prospéré pendant l’ère de la banque libre. L’absence de banque centrale n’a pas conduit au chaos financier, mais a au contraire encouragé l’innovation et l’esprit d’entreprise. Vers 1860, après avoir été confrontés à une crise mineure, les États-Unis ont décrété de lier la valeur du dollar à une quantité fixe d’or. Cette mesure, assurant la stabilité de la monnaie et empêchant les pressions inflationnistes, a au contraire renforcé la confiance dans la monnaie et a entraîné une appréciation de 10 % de la valeur du dollar. Le pays a connu ainsi une période de croissance économique et de stabilité sans précédent, durant laquelle des grands projets d’infrastructure ont pu voir le jour, tels que la construction de chemins de fer et de canaux. La période allant de 1860 à 1900 a été marquée par une résurgence remarquable de l’économie américaine, qui a consolidé sa position sur la scène mondiale. Ce succès a été obtenu grâce à la combinaison d’une politique monétaire saine, de l’innovation économique et de l’esprit d’entreprise individuel.

En conséquence, les États-Unis, au cours de 70 ans, notamment de 1830 au tournant du XXe siècle, sont passés d’un pays de barbares à la première puissance économique mondiale. Et tout cela fut achevé sans avoir le besoin d’un système bancaire centralisé.

Pertinence dans les débats économiques d’aujourd’hui

Aujourd’hui, des échos de la vision et des principes d’Andrew Jackson sont perceptibles dans les événements contemporains. Le président argentin Javier Milei, inspiré par les actions de Jackson, cherche activement à éliminer la Banque centrale d’Argentine. Milei soutient qu’une autorité monétaire centralisée peut conduire à la corruption et à la mauvaise gestion, et il vise à donner aux citoyens argentins le pouvoir de choisir librement dans quelle monnaie faire ses propres échanges, qu’il soit en pesos, en dollars, en euros ou en Bitcoin, en supprimant ainsi la possibilité pour les politiciens d’altérer le système fondé sur le libre marché par l’impression incontrôlée de monnaie locale. 

Par ailleurs, l’ancien président Donald Trump, outre avoir exprimé sa personnelle admiration pour Javier Milei, a également exprimé son intérêt pour un retour à l’étalon-or. Bien que cette proposition présente des grandes difficultés, notamment en ce qui concerne la flexibilité de la politique monétaire du dollar, réserve monétaire internationale, elle reflète un désir de stabilité monétaire et de contrôle des dépenses publiques.

Conclusion

La période du Free Banking aux États-Unis, défendue par le président Andrew Jackson, offre de précieuses leçons en matière d’indépendance et de résilience économiques. La détermination de Jackson à éliminer la banque centrale, malgré les moqueries et l’opposition, a ouvert la voie à une ère de prospérité dans l’histoire économique américaine.

Les parallèles contemporains, tels que les efforts du président Javier Milei en Argentine et l’intérêt de Donald Trump pour l’étalon-or, soulignent la pertinence durable de la vision de Jackson. Alors que le monde est confronté à des défis économiques de plus en plus importants, avec des tensions et une instabilité géopolitiques internationales croissantes, une inflation record dans de nombreux pays et la méfiance des citoyens à l’égard des marchés et de la finance, l’histoire de la période des banques libres témoigne des avantages potentiels d’un système bancaire décentralisé et de politiques monétaires saines.

En guise de conclusion, les questions que tout le monde se pose: Milei sera-t-il en mesure de vaincre la forte opposition politique et de fermer définitivement la banque centrale argentine ? Donald Trump parviendra-t-il à imposer sa volonté de retour à l’étalon-or pour le dollar ? Et surtout, le système décentralisé de la technologie blockchain et des crypto-monnaies peut-il vraiment constituer une issue en cette période de crise ?

Tout reste à voir.

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